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Mois : avril 2021

Le Péloponnèse suite – 🇬🇷

Le Péloponnèse suite – 🇬🇷

Du 19 au 28 mars 2021

Nous vous avions laissé au Cap Tenaro, petite pépite du Magne.

Nous remontons tranquillement par le littoral côté est. La météo n’est pas en notre faveur, le vent étant particulièrement présent. Nous pensons avoir réussi à trouver un bivouac à l’abri, toujours en bord de plage, toujours seuls au monde. La soirée sera même plutôt clémente. Mais le vent et la pluie font faire leur apparition pendant la nuit et ruiner la nuit de Caroline et Michel qui vont entendre toute la nuit les toiles du toit relevable claquer au fur et à mesure des rafales …. 

Nouvelle étape à Gythio, petit village de pêcheurs charmant qui attire la curiosité des touristes non pas par son charme, mais grâce ou à cause, d’un bateau échoué quelques kilomètres plus loin. Spectacle atypique dont l’histoire veut que l’armateur, ruiné, ne pouvait plus payer son anneau au port et a préféré laisser son navire, le Dimitrios, s’échouer plus loin.   

Nous allons ensuite prendre un tout petit ferry pour découvrir … un petit coin de paradis : l’île d’Elafonisos, située au large du « 3ème doigt ».

Dès l’arrivée sur le port, nous sommes charmés : tout est calme, posé, serein. Même le soleil nous accueille ! Ce sera d’ailleurs la première fois que nous franchirons le pas d’un café-restaurant qui nous proposera de nous faire une pizza à emporter : nous allons même pouvoir choisir un à un les ingrédients que nous voulons mettre dessus. Nous sommes encore emballés par la bienveillance et la disponibilité des gens.

Nous allons passer le week-end sur place et y rencontrer, totalement par hasard Gunnar et sa femme, que nous avions déjà croisé en Italie, par 2 fois ! Autre rencontre de voyageurs : les Walter dreamers dans leur superbe Hymer vintage. Votre maison sur roues nous a conquis … Nous avons l’impression d’en voir partout depuis que nous vous avons croisés ! 😉 

Clairement, les photos vaudront le meilleur des discours mais cette île nous a valu un magnifique coup de cœur. Une plage digne des plus belles, des couleurs splendides, des constructions harmonieuses. Nous en prenons plein les yeux. Le vent n’est jamais bien loin mais nous allons même réussir à trouver une dune derrière laquelle s’abriter qui nous permettra de nous croire, pendant quelques heures, en plein été, sur une plage idyllique, mais seuls au monde. Nous sommes à ce moment-là à l’apogée de notre « robinsonisme » ! 

Après un bref passage dans le Géoparc d’Agios Nikolaos, tout en bas du « 3ème doigt » où nous bivouaquerons encore une fois seuls au monde, nous reprenons la route vers le nord.

Nous remontons vers un autre gros coup de cœur : le village fortifié de Monemvasia. Cette ville est située sur un rocher-promontoire. Elle est incroyablement bien préservée et nous arrivons à ressentir l’atmosphère rebelle et indépendante qui caractérise l’histoire de cette cité. Pour la petite histoire, ce sera la première ville grecque à obtenir son indépendance en 1821.  Et devinez qui nous croisons dans ses ruelles escarpées ? Gunnar et Tanja !

Nous allons ensuite passer 2 jours dans une crique privative, adossée à un champ d’oliviers. Le chemin pour y accéder est un peu raide mais Tiny et son chauffeur s’en sortent comme des chefs. Nous découvrons une plage aux galets multicolores. Elle ne sera rien qu’à nous ou presque pendant 2 jours. Le temps n’est pas toujours clément mais Michel nous fera un petit feu le soir. Le petit village de Tyros situé à une petite demi-heure de marche à peine est un peu endormi, d’autant que nous y sommes au moment de la fête d’indépendance : jour férié et confiné. Nous prenons plaisir à ralentir le rythme aussi, prendre (encore plus) le temps de rien.., de tout … Bon, il est vrai aussi que Caroline a un peu de travail en ce moment … enfin un peu plus encore : le contrat d’un jour par semaine est quelque peu entamé ! Et il est vrai que même si nous prenons beaucoup de plaisir à découvrir de nouveaux lieux de bivouacs, il est aussi particulièrement confortable de ne pas avoir à chercher un nouvel endroit tous les soirs. Surtout lorsqu’ils sont aussi topissimes que celui-ci. Clairement, si la météo avait été plus clémente, nous y serions peut-être même restés encore un peu ….

Mais, non, nous bougeons et nous allons passer la fin de semaine vers Napflio ou Nauplie, ancienne capitale de la Grèce située sur le « 4ème doigt » du Péloponnèse. C’est une ville très agréable, probablement très vivante l’été, surplombée par un rocher, le Palamède sur lequel est érigée une citadelle impressionnante. C’est notre première visite depuis que les sites archéologiques sont à nouveau ouverts au public. Nous croisons quelques visiteurs, quasiment tous grecs. Nous espérons que c’est le signe d’un confinement qui s’allège et de libertés bientôt retrouvées pour une population qui souffre beaucoup de la situation sanitaire et/ou des mesures politiques qui ont été prises depuis novembre notamment. Nous allons adorer cette visite, la vue éblouissante, les couleurs et odeurs printanières, les vestiges de bâtiments très bien mis en scène qui nous permettent de comprendre l’importance stratégique de ce château au fil des périodes et des dominations étrangères.

Voisin de Nauplie, se trouve également le site archéologique de Mycènes, avec son impressionnante Porte des Lionnes.

Nous bivouaquerons à nouveau 2 fois au même endroit, à l’abri d’une petite chapelle orthodoxe.

Nous y rencontrerons Christos qui ira nous chercher dans son champs voisin plusieurs kilogrammes d’oranges et autres clémentines.

Le lendemain, ce sera une nouvelle rencontre et à nouveau un sac d’agrumes… que nous partagerons cette fois avec Coline et Julien, jeune couple qui voyage également en Hymer et qui se joindra à nous lors de notre 2ème nuit de bivouac.

Merci encore à vous 2 pour votre bonne humeur, pour vos jolis savons et pour avoir occupé Jules un bon moment avec son attrape-rêves. Bonne suite de voyage !

Yia Sass 

Le Péloponnèse 🇬🇷

Le Péloponnèse 🇬🇷

Du 6 mars au 18 mars 2021

Nous voici arrivés en Grèce, plus précisément à Patras, sur la côte ouest du Peloponnèse.

La Grèce impose, à priori, une quatorzaine de 7 jours à toutes les personnes arrivant sur le territoire. Même s’il semble que les touristes nomades ne soient pas réellement concernés (en même temps, nous sommes déjà pas mal auto-confinés dans Tiny ! ), nous décidons de respecter cette règle et indiquons pour notre première semaine 2 adresses de résidence : Pyrgos (plage) et Pylos (plage) … 

Après environ 1h30 de route nous arrivons donc sur notre premier spot. Et là … c’est le bonheur ! Une petite plage de sable blanc, une mer turquoise…. Nous arrivons même à descendre Tiny sur le sable. Nous voilà donc en mode famille Robinson pour quelques jours. La plage est déserte, même pour un samedi. Les premiers promeneurs que nous allons croiser sont un couple de personnes âgées. 1er passage avec grand sourire et signe de la main ; 2ème passage avec des coquillages et des bonbons pour Jules ; 3ème passage avec quelques clémentines ; 4ème passage avec une bouteille d’huile d’olive, au moins 5 kilos d’oranges et de citrons, un pot de confiture maison … Quel accueil … nous en avons pratiquement les larmes aux yeux devant tant de gentillesse et de bienveillance … La Grèce, que nous ne connaissons pas vraiment (juste une petite incursion dans les Cyclades il y a quelques années pour Caroline et Michel), se présente sous un jour qui nous émerveille.

Et effectivement, partout où nous allons passer, nous sommes accueillis par des sourires, des signes de main amicaux. La différence de langue pourrait être un vrai frein aux échanges et en fait il n’en est rien tant cette différence est gommée par l’accessibilité et la gentillesse des personnes croisées.

Nous allons rester 4 jours vers Pyrgos, à profiter de « notre » plage et se mettre au régime grec. Le site archéologique d’Olympie est fermé mais le petit village est adorable. Le littoral est magnifique : nous ferons 1 infidélité à « notre » plage pour aller dormir sur une autre plage immense, bordée de dizaine de maison abandonnées, longée par une magnifique pinède. Mais nous reviendrons vers notre paradis. Le temps finit par se gâter un peu et par apporter du vent, ce qui est assez difficile à gérer pour les bivouaqueurs que nous sommes. Nous décidons de faire une incursion dans les terres pour se mettre un peu à l’abri. Nous allons, par hasard découvrir un lieu magique : les cascades de Polylimnio. C’est un endroit idyllique, aux couleurs magiques et nous en profitons encore une fois tous seuls. Après une petite aventure off-road décoiffante (Yves et Philippe vous auriez kiffé grave 😉 ; Caroline s’est juste mise en apnée et a fermé les yeux pendant quelques minutes) gérée d’une main de maître par Michel et Tiny, nous trouvons un petit coin pour nous arrêter. La soirée sera fraîche, très fraîche même mais pas trop venteuse. 

Sur la route qui nous amène vers Pylos nous tombons sur deux sites insolites, un château à l’allure d’un compte de Disney et la tour Eiffel version Grecque 🤪

Pylos est un charmant village qui va nous enchanter. Cela va également être l’endroit d’une 2ème belle rencontre fortuite : celle de Sylvain et Isabelle, croisés au supermarché qui nous proposerons naturellement de passer chez eux pour l’apéritif. Sylvain et Isabelle sont des amoureux de la Grèce, qui habitent dans la région depuis quelques années. Non contents d’accueillir de parfaits étrangers hirsutes et débraillés chez eux, ils nous inviteront le surlendemain à utiliser leur salle de bain, leur machine à laver, ainsi qu’à partager leur déjeuner … tout en nous donnant de précieux conseils pour la suite de nos aventures. Merci encore pour votre accueil et votre gentillesse ! Cette rencontre sera l’occasion de partager la bouteille offerte quelques semaines plus tôt par Eric et Fanny : le champagne était excellent ! Merci aussi encore une fois à vous 2. Nous sommes exactement à ce moment là où nous voulions aller : vers des rencontres, des moments de partage, d’ouverture et de confiance … en toute simplicité. La Grèce nous séduit, chaque jour un peu plus …

Notre spot de bivouac à Pylos, sera sur la plage (encore), près d’une épave que Jules se fera un plaisir d’aller explorer. Juste derrière se trouve une très belle réserve ornithologique. Une petite randonnée nous permettra de découvrir le Paleokastro qui nous offrira une vue extraordinaire sur la baie mais aussi sur l’une des plus belles plages du monde : Voidokilia. En chemin nous serons enchantés par la diversité des fleurs sur notre passage. En descendant vers cette plage idyllique en forme de fer à cheval, nous ferons une brève incursion dans la grotte de Nestor, ancien roi de Pylos, gardée par des abeilles/guêpes pas vraiment ravies d’être dérangées. Jules en gardera 2 petites piqûres … 

Après un dernier bivouac particulièrement venteux dans la région et une balade matinale vers Methoni pour Michel et Fauve, la quatorzaine étant définitivement finie, nous reprenons la route vers le sud, une région sauvage et peu touristique, Le Magne.

Nous passerons par le site archéologique de l’ancienne Messeni, fermé pour cause de pandémie. Nous aurons tout de même une très belle vue d’en haut et nous pourrons admirer l’impressionnant mur d’enceinte de 9 km et la porte d’Arcadie. Tout à côté, se trouve le très joli monastère de Voulcanou, fermé l’après-midi quant à lui …

Sur la route, c’est un défilé de paysages à couper le souffle : des falaises abruptes, aux tons parfois presque blancs et parfois rouges, une eau translucide turquoise. Nous en prenons plein les yeux et des whaou s’entendent régulièrement dans la voiture.

Le seul hic, c’est la météo : les prévisions ne sont pas très bonnes et effectivement, nous allons avoir de la pluie mais surtout beaucoup, beaucoup de vent. Il est difficile de trouver des endroits pour s’arrêter en étant un minimum à l’abri. Nous préférons ne pas ouvrir l’auvent ni monter les parois quand les rafales sont trop importantes ce qui nous prive forcément d’un confort certain. Ce sera d’ailleurs la première fois en près de 5 mois de voyage que nous dinerons à l’intérieur de Tiny un soir de pluie et de forts vents. Nous passerons aussi une nuit presque blanche avec Michel à entendre claquer les parois du toit relevable … les joies de l’aventure ! 😉 

Mais rien ne pourrait nous défaire de notre entrain et de notre curiosité. Nous sommes en train de tomber en amour de cette région si sauvage, si émerveillante, si contrastée. La superposition visuelle de sommets enneigés et d’une mer turquoise est splendide. En déambulant dans les ruelles désertes du village quasi abandonné de Vathia, nous tombons sur une autre famille d’aventuriers français, les Tootoboo, partis il y a quelques semaines, eux-aussi, à la découverte du monde. Pendant que Jules et Tao explorent les maisons désertées, nous échangeons sur nos envies, nos projets, nos visions du voyage. Petit à petit, nous qui avions un peu l’impression d’être « à part », peut-être même un peu décalés dans notre environnement quotidien, nous nous rendons compte que d’autres partagent notre ressenti, qu’une autre grande famille, celles des aventuriers nomades, se trouve sur les routes, ou en revient, ou projette d’y repartir. Chacun son voyage, chacun son aventure mais ensemble dans l’échange et le partage. Bonne route à vous et à bientôt ! 

Après Vathia, direction la péninsule du Cap Tenaro. Là encore, nous serons éblouis. Les photos parleront d’elles-mêmes. Nouvelle rencontre avec un Robinson allemand, qui voyage seul dans sa Dacia depuis quelques années et qui attend une amie qui devait déjà être arrivée … Nous finirons par nous demander depuis combien de temps il l’attend … 😉 Mais l’échange est bienveillant et un peu … irréel. 

La suite … pour plus tard

Yia Sass